Lascif laçage

Durée: 6 min 36″
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Lascif laçage


 

Le dernier crochet cliquète puissamment dans le silence du salon. Richard laisse encore un instant sa main sur le cuir souple qui enserre la taille de sa Captive. L’odeur sulfureuse et le grain de cette matière le mettent toujours dans un état extatique.

Le buste de Céline est dessiné par les contours du corset qui la sublime. Ses épaules , sa nuque et ses seins blancs en jaillissent comme des orchidées subtiles. Des découpes surpiquées viennent épouser ses formes et relever les motifs des empiècements en toile de jouy. Le corset a été fabriqué selon un patron fourni par Richard lui-même. Concevoir les pièces de vêtements destinés à sa Captive lui procure un plaisir égal à celui de l’y voir rayonner.

La lumière fantomatique des chandeliers allumés un peu partout danse autour d’eux. Des bâtonnets d’encens viennent ajouter leur touche de capiteux à l’ambiance que Richard a soignée comme il aime à le faire.

Céline est arrivée ce matin par le train. Il est allé la chercher. Rien, jusqu’à l’heure dite, ne pouvait laisser présager de la soirée qu’ils allaient passer. Ils aiment couvrir d’anonymat la nature de leur relation ; se comporter de manière banale devant les gens à la gare tout en fomentant les scénarios les plus excitants pour la fin du jour.

Quand la porte de la métairie se referme sur eux, le claquement de l’imposante serrure agit comme un signal de départ vers un chapitre plus épicé. Céline dépose ses bagages sous le guéridon de l’entrée et, ce faisant, c’est comme si elle abandonne ici toute volonté propre. Elle renonce à être la femme qu’elle était en passant le seuil pour devenir sa Captive. Il glisse une fine courroie de satin violine autour de son cou et la guide vers le salon.

Tandis qu’il allume les bougies et les encens, elle sait qu’elle doit enlever un vêtement à chaque nouvelle allumette craquée. Ensuite, entièrement nue, elle vient l’attendre docilement près du paravent chinois en laqué. Richard dépose les bâtonnets noircis dans un cendrier sur pied en forme d’éléphant. Il passe derrière le paravent et Céline sait qu’il va en ressortir avec la tenue qu’il a conçue pour elle. Être sa Captive lui procure des privilèges auxquels elle ne renoncerait pour rien au monde.

Aujourd’hui, son Seigneur lui dévoile une large boite en carton noir. Il soulève précautionneusement le couvercle, sous lequel, après l’effeuillage d’un papier de soie pourpre, elle voit apparaitre le corset. C’est un chef d’œuvre où s’entrecroisent avec génie étoffes, peaux, métaux et pierreries.

Céline passe ses pieds dans l’ouverture du corset qu’il dépose à ses pieds. Puis elle attend. Elle sait tout le plaisir qu’il a à la vêtir, à voir comment ses fantasmes s’incarnent dans cette tenue imaginée pour elle. Il remonte doucement l’ouvrage le long de ses jambes.  La Captive frissonne et son Seigneur se régale de ses tétons qui en durcissent.

A présent, Richard, qui a parfaitement ajusté le vêtement sur la peau de porcelaine de sa belle, commence à ceinturer celle-ci grâce aux boucles qui ornent le dos du corset. La dernière est fermée. Il accroche un jupon de tulle de soie en dessous, laissant apparaître en transparence le corps toujours nu de sa Captive. Tirant doucement sur le cordon de satin, il l’emmène au centre de la pièce pour la danse de l’attente.

Le Seigneur prend place dans une confortable bergère, croise les jambes, attrape la commande du système audio du salon. La musique aussi a été choisie par lui avec soin. La Captive sait que la première écoute doit se faire dans l’immobilité totale. Il y en aura sept. Si elle bouge trop tôt, si elle ne respecte pas l’ordre des choses, le décompte recommence à zéro. A la deuxième, elle est autorisée à onduler doucement la tête, tout en fixant Richard dans les yeux. Celle d’après lui permet la danse des bras, dont elle fend doucement l’air à la lumière des bougies. L’homme n’en perd pas une goutte, et se délecte de leur processus immuable. La quatrième écoute libère le bassin de la Captive, qui dès lors tournoie , trace des cercles d’invitation à être saisi fermement entre les mains de son Seigneur. Ce qui devra encore attendre trois autres écoutes.

La cinquième est celle de la promenade. A pas lents, Céline foule le parquet du salon, permettant à Richard d’apercevoir tous les parties de son corps sous le tulle et jailli du corset. La danse libre est permise à la sixième, à condition qu’elle soit d’une lascivité extrême. La septième est décisive. La Captive, qui doit désormais connaître la mélodie choisie, s’agenouille aux pieds de la bergère et chantonne doucement jusqu’à ce que son Seigneur la délivre de l’assise, s’il estime qu’elle a respecté à la règle toutes les étapes de la danse de l’attente.

C’est le cas ce soir. Richard tire alors à nouveau sur la cordelette de satin pour faire lever sa Captive et l’emmener jusqu’à la couche. Chaque crochet précédemment serré est à présent relâché, chaque cordon délacé, chaque vêtement dégrafé. Ils tombent au sol un à un et Richard s’y allonge à présent. Sa Captive pose un pied sur son torse et lui intime de se dévêtir, d’une voix forte et rauque qu’elle ne réserve qu’à ces moments-là. Le jeu s’inverse, le jeu ne s’arrête jamais… ils ne s’en lassent pas…

 

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