WC

Durée: 6 min 43 sec
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Description

WC

 

 

Leur petit italien est bondé. Les tables très serrées ne leur permettent aucune intimité. Pourtant, ils sont comme seuls au monde, seuls dans l’intimité de ce vieux couple, qui, après plus de 10 ans, n’a rien perdu de sa complicité.

Comme toujours, dans une tradition qui les accompagne depuis bien longtemps, ils ont mutuellement choisi ce que l’autre allait porter pour les grandes occasions. Leur anniversaire de mariage en est une.

Pour lui, elle a choisi une chemise près du corps, qui épouse un torse sec et bien dessiné, que l’âge ou les abus divers n’ont pas déformé. Sans toutefois l’avoir en ligne de mire, elle sait qu’en dessous de cette chemise cintrée, son homme porte la ceinture marron qu’elle lui a offert Noël dernier par-dessus un pantalon à pinces qui met sa silhouette rectiligne en valeur.

Quant à lui, il a choisi de la voir habillée de ce chemisier bleu à petit pois blanc dont le décolleté l’affole toujours autant. Une jupe serrée moule le haut de ses jambes et en dévoile le bas. Une paire de salomés en daim bleu marine complète cette tenue dont il sait qu’elle fera tourner les regards des mâles de l’assistance.

Après un verre de prosecco bien glacé, les antipasti voient leurs mains se rejoindre dans des caresses tendres. Les joues rosissent, sous l’effet conjoint de la chaleur et de l’alcool.

Leur discussion est mêlée d’anecdotes quotidiennes, d’évocation de souvenirs communs, de critiques incisive mais pleines d’humour et d’esprit des autres personnes occupant l’arrière-salle du Vesuvio.

Une fois les linguines aux cèpes avalées, il lui attrape le poignet fermement. Elle en sursaute. En rougit. Pendant quelques secondes qui lui semble interminables, et durant lesquelles elle a l’impression que l’assistance entière a les yeux rivés sur eux, il ne parle pas, la fixe, lui tenant toujours l’avant-bras.

Il se penche au-dessus de la nappe tâchée de vin rouge et lui dit doucement mais de manière péremptoire de se rendre au WC, d’enlever son soutien-gorge, de le glisser dans son sac à main, et de revenir le rejoindre.

Sentant qu’elle ne peut qu’accepter, elle se lève et fait face au léger vertige que lui provoquent l’alcool et l’excitation de la demande qu’il vient de lui faire. Elle se retourne pour prendre la direction des toilettes, tout en sachant pertinemment que son homme ne quitte pas ses fesses serrées dans sa jupe crayon et que sa démarche haut perchée fait tanguer comme il aime.

L’homme sait qu’elle ne le sait pas, mais les regard de beaucoup de dîneurs se retournent au passage de sa femme. Bien sûr qu’elle ne correspond pas aux canons dictés par les médias aux images toutes retouchées. Mais il se dégage d’elle un sexappeal indéniable et renversant. Sa femme sent la sensualité à plein nez.

Un étage plus bas, elle est enfermée dans une des cabines, afin de mettre à en œuvre ce que son mari lui a demandé. Nerveusement, elle défait les boutons du corsage et retire les quelques centimètres de dentelle blanche qui retenait sa lourde poitrine. Elle referme à la hâte le chemisier, dont elle glisse à nouveau les pans à l’intérieur de sa jupe. Craignant que sa manœuvre ne paraisse louche, elle tire la chasse d’eau pour se donner une contenance.

Elle reprend alors le chemin de la salle à manger, sentant le bout de ses tétons frotter le tissu à petit pois à chaque pas. Elle n’ose marcher trop vite, consciente de l’oscillation de ses seins sous l’étoffe légère.

À son retour, elle ne peut cette fois ignorer les regards appuyés que lui lancent les autres clients du restaurant et elle se rassoit face un mari beat, fier et tout amoureux.

Le serveur dépose entre eux un tiramisu maison qu’ils vont, selon leurs habitudes, partager. C’est alors qu’à tour elle lui saisit le poignet fermement. De son autre main, sous la table, elle défait la boucle d’une de ces sandales. Sous le secret de la nappe, elle glisse son pied dans l’entrejambe gonflée de l’homme. Par de petites pressions, bien dosées, elle entretient son excitation.

Sur la table, sa main gauche n’a pas lâché le poignet du mari. De sa main droite libre, elle se sert une cuillerée de mascarpone qu’elle porte à sa bouche goulument. Elle écarte doucement ses lèvres et y glisse la cuillère qui en ressort vide.

Du bout de la langue, elle s’essuie la bouche en le regardant dans les yeux et en lui tenant toujours le poignet. Dans le regard insistant de sa femme, ce dernier comprend qu’il ne peut pas bouger et qu’il est désormais condamné à la voir avaler toute seule leur dessert commun.

Poussé par un désir pressant, monsieur règle l’addition en vitesse, mû par la volonté de rejoindre rapidement l’intimité de leur voiture, suivi juste après de celle de leurs draps.

Mais, dès qu’ils sont tous les deux debout, sa femme lui chuchote à l’oreille « on y retourne » en désignant l’escalier qui mène au sous-sol.

Cette fois c’est à deux, bras dessus bras dessous, enlacés comme de jeunes tourtereaux, qu’ils se rendent ensemble aux toilettes. Ils hésitent un instant devant les portes ornées des usuels symboles homme et femme, avant de s’engouffrer avec impatience dans la petite pièce destinée aux changes des bébés.

Quelques soupirs plus tard, ils retraverseront le restaurant, un peu plus transpirants, un peu plus échevelés, faisant à n’en pas douter la jalousie de tous les couples présents ce soir auquel leur manège n’avait pas échappé ….

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